Roman

 

Dora BEtsy Tobin

 

            La jeune servante d'une noble demeure, héroïne de ce roman qui se situe au XVI ou XVIIIème siècle, entrelace le récit de son amitié fascinée pour la plantureuse Dora avec le récit de la mort accidentelle de celle-ci, puis de sa disparition.
D'où vient cette femme qui a débarqué un jour avec son jeune garçon et suscite la convoitise des hommes comme le respect des femmes ? Quel peut être le rôle de cette femme dans l'organisation sociale de ce village ?

            Le Seigneur du village, un homme contrefait et solitaire, va proposer à un peintre d'en faire le portrait, et soudoyer la servante pour affiner la description; mais avec la disparition du corps, sa mère -accoucheuse réputée dans tous les environs- va être mise en question et en grand risque d'être accusée, sinon de crime, du moins de sorcellerie, attentive cependant à soigner le fils esseulé après ce deuil.

           Au-delà de l'énigme, l'analyse des liens d'attachement, le traitement social du commerce des corps, de la vie à la mort, le style d'écriture parfois comme extrait d'une traduction de texte médiéval dans le choix précis des mots, des tournures sybillines, en font un roman envoûtant qui nous replonge dans l'atmosphère de "La jeune fille à la perle" de Tracy Chevallier, nous faisant partager jusqu'au geste de la peinture.

 
          Un petit bémol pour le personnage de la mère de la servante, bien silencieuse; sans doute pour se garder à ditance -même de sa fille en attente- comme une Parque, mais qui ne daigne pas se disculper en revendiquant sa tâche d'accoucheuse.