Les Enfants de Dynmouth -
         William Trevor a su mettre en mots cet adolescent désoeuvré, largement abandonique, qui furète dans les us des maisons voisines, à la recherche de modèle peut-être, surtout d'infos insolites qu'il va utiliser pour obtenir ce qu'il veut, des adultes comme des enfants.
Un livre glaçant, dans une écriture fouillée mais un livre envoûtant car on y voit se constituer une personnalité manipulatrice, un vrai pervers narcissique et égocentrique....
Timothy Gedge, le personnage principal, saura faire surgir faille et facette de chaque habitant qu'il prend comme interlocuteur potentiel, et à travers son interprétation des faits, assembler des histoires singulières.

                 Malgré cette chronique d'un désastre annoncé, la fin se révèle plus légère que toutes les appréhensions que suscite cette histoire, comme si le "lâcher prise" était l'apanage des adolescents, qui permettrait toute volte-face  ?
                 La seule interrogation vis à vis de cette histoire est  qu'il ne semble y avoir personne, aucun adulte même pas le prêtre,pour renvoyer cet enfant à lui-même, à ses ressentis et à la représentation du monde qui pourrait constituer le fondement de ses interprétations et impératifs. Ce qui illustre encore plus la solitude de l'enfant et la vie compartimentée de ce village.
                Autre livre dont je vous parle en deux mots car il est à oublier : "Entre mes mains le bonheur se faufile", auquel j'ai jeté un coup d'oeil, l'ayant acheté pour un cadeau.
Je crois bien l'avoir déjà lu auparavant, et la meilleure part de cet ouvrage est dans son titre accrocheur qui me fait refaire la même erreur.
Pour le reste, une écriture que je trouve plus que légère, un vocabulaire vulgaire où une oie blanche, pour reconstruire sa vie, se confronte à la lie de ce que l'on peut imaginer dans le milieu de la mode, des thèmes superficiels où l'on sent venir en fond des mécanismes qui nourrissent les faits divers. Une pollution de l'esprit qui se veut optimiste, en somme, alors que l'auteure, Agnès Martin Lugan, a par ailleurs été couronnée de prix pour "Les gens heureux lisent et boivent du café".

Connaissez-vous ce titre précédent ?