Le meurtre du lac par Grimes Edition Pocket 1996

   Martha Grimes a l'idée originale de lancer la jeune Emma de 12 ans, un peu désoeuvrée entre ses services au restaurant familial, sur les traces d'une jeune noyée du même âge, morte 40 ans auparavant dans la famille des Delevereau,de l'autre côté du lac.

Un shérif et une serveuse pour seuls amis, la jeune Emma nous prend à témoins des stratégies pour faire parler les uns et les autres, et sa curiosité la pousse à des escapades à travers des paysages détaillés, à des rencontres improbables; certains mystères cependant doivent se résoudre seul(e) et il semble qu'accéder à la vérité doive entraîner de poursuivre son chemin en autonomie.

"Il y avait aussi mes cogitations sur le Docteur McComb, qui avait du connaître Mary-Evelyn, la jeune noyée ; pour le rencontrer, je me creusai la tête à la recherche d'un sujet que j'aurais bien connu...
La bibliothèque d'Abigail Butte County était un lieu encore plus vital pour mon sentiment de bien-être que le drugstore Souder's. Je consultais le catalogue à la rubrique 'papillons'... 'et je fus enfin récompensée : ..
."la Dentelle blanche apparut soudain et se percha sur un Lait-d'ânesse, battant lentement des ailes"... J'allais en capturer une pour la montrer au Docteur McComb"....

Un livre attachant, pétri de digresssions culinaires car nous ne connaîtrons les relations d'Emma avec sa mère qu'à travers son admiration pour sa cuisine et le soin à la bonne marche du restaurant.

"Figée sur place avec la chair de poule sur les jambes et les bras, mieux valait  que je ne pense pas trop aux biscuits (petits, chauds, dorés comme le soleil du matin), parce que ça ne faisait qu'entraîner des pensées de petits déjeuner... J'ai mangé dans des restaurants où lorsque les oeufs sur le plat arrivent sur la table, on est obligé de les plaindre tant leur agonie semble avoir été pénible : ils sont ratatinés et noircis sur les bords.
Non seulement ma mère ne servirait jamais de tels oeufs.  mais elle ne permettrait pas qu'un jaune brisé quitte la cuisine; il fallait qu'ils soient parfaits, ce qui signifie aussi qu'ils ne devaient pas être gras.
Je l'ai vue éponger une infime trace de graisse avec son mouchoir.... presque tout ce que cuisinait ma mère avait son équivalent en tissu : la soie pour les oeufs brouillés, le satin pour les oeufs poêlés et la sauce au fromage, la mousseline pour les omelettes et les tartes au citron; même ses crêpes taient douces comme du cachemire.

Vous pouvez constater que je vous mettrais bien des dizaines d'extraits de ce livre, j'ai coché bien des pages à la lecture...mais pas retrouvé sa description évoquée du plat suivant;
car pour illustrer mon propos, et vous mettre en bouche, j'ai choisi de réaliser les simples rouleaux au jambon et fromage de chèvre, réservés habituellement aux apéritifs dînatoires, mais pour un dîner léger, cela passe très bien, agrémenté avec une tomate Big mama en lamelles et une crêpe de fromage râpé roulé également :
2taler le fromage frais sur les tranches de jambon, rouler serré, découper, servir

 

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