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Un livre qui me laisse dubitative...
              Une intrigue dans le Londres populaire très bien amenée et menée, sur fond de trafic de personnes, style traite des blanches de l'Est, où l'on tremble pour Alena, à la combativité modèle. En grande partie objétisée et victimisée, sa culpabilité partielle l'amène cependant à hésiter à s'appuyer sur sa rencontre avec Dave, le vigile qui l'arrête après sa tentative de vol de chaussure de luxe.
Lui-même, issu d'un quartier populaire de Londres et qui essaie de s'en sortir, n'est pas exempt de sombres pans dans son histoire. Et l'amour qui va vite le lier à Alena devient le moteur de sa vie.
L'espoir que chacun met dans cette relation se nourrit des souvenirs de l'enfance, des liens relationnels qui les ont construits et qu'ils évoquent régulièrement.

              Je n'ai pu lâcher ce livre, malgré des pages très noires, violence et sexe imposé notamment, tant l'envie de s'en sortir, les émotions abordées sont attachantes, le lien créé entre Dave et Albéna une flamme fragile qu'on a envie de préserver.

         Cependant, l'auteure avait-elle besoin de systématiquement décrire le moindre environnement, tout au long du livre et quelle que soit l'action du moment, avec des termes aussi sordides, qui m'ont fait hurler de frustration et souvent lâcher le roman ? :
- "plus petit que Dave, cheveu gras et filasse, le visage rougeaud...  "  tandis que Dave, lui, pense en lâchant son dessert : "Roulé à la confiture...son préféré...mais c'était fini maintenant !"
-"Une main moite la saisit par le coude pour la tirer derrièr les tables en Formica du café où planait encore l'odeur des saucisses rances servies pendant la journée"
- "Cette fille n'avait rien de spécial, un nez rond et épaté, un bourrelet de chair qui dépassait de la ceinture de son jean bleu-pâle déchiré sur le devant comme dans les années 90..."

La russie où Dave se lance à la poursuite labyrinthique de sa bien-aimée, reconduite à la frontière, n'est pas épargnée, sauf dans sa description du métro de Moscou :
-" La contrôleuse, la Provodnista, lèvres tartinées de gloss, seins comprimés dans un soutien-gorge d'adolescente, jambes informes prisonnières d'un collant brillant marron, ventre serré par son uniforme...leva les yeux au ciel, lui rendit son passeport; Dave sentit ses ongles pointus effleurer son bras nu..."

             A la réflexion, peut-être est-ce pour laisser en contrepartie les personnages émerger de cette noirceur comme un trésor, telle Vénus anadyomède ? pour montrer que seul l'amour, l'empathie peuvent  nous sauver d'un monde cahotique et dépourvu d'éthique ?

             A croire que la culture, les associations, le voisinage n'existent pas et que nous sommes seuls livrés à des monstres omnipotents, sans aucun moyen de nous y soustraire...


              Au final un livre attanchant si l'on excepte la tonalité de vocabulaire.Il me semble cependant qu'en-dehors des personnages principaux, il faut laisser une échappatoire, une part d'espoir autant dans les protagonistes que dans l'entourage, l'environnement et les lieux où se passent le scénario.

 

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